samedi 5 mars 2011

La rade de Hyères vue des Salins

L’escadre française en rade d’Hyères au XIXe siècle

Cette rade est un beau bassin assez étendu pour y faire manœuvrer toute une flotte.
Abritée des vents du large par la chaîne des îles d’Hyères, elle est le champ de manœuvre le plus commode pour former et instruire une escadre.

Ce fut là que l’on conduisit d’abord notre flotte, alors que l’état de nos relations avec le reste de l’Europe ne nous permettait pas de courir les eaux étrangères, sans nous exposer à des rencontres où la susceptibilité eût pu nous faire oublier les lois de la prudence.
L’escadre vint jeter l’ancre au mouillage des Salins, en face de cette ville d’Hyères jetée d’une façon si pittoresque sur une colline parsemée de palmiers et d’orangers et couronnée par de belles ruines.

Nos vaisseaux étaient protégés contre la violence du mistral par une presqu’île sablonneuse couverte de pin parasols.

« Ce mouillage, assez austère par lui-même, offrait heureusement aux évolutions navales une facilité qui permettait à l’amiral de ne pas laisser languir les équipages dans une trop longue immobilité ; quel que fut le temps, il pouvait appareiller et sortir par l’une des trois passes qui s’ouvraient sur la grande mer ; quel que fut le temps, il pouvait rentrer et chercher un abri contre la tempête.

De fréquents simulacres de débarquements dirigés contre les plages désertes qui avoisinent l’embouchure du Gapeau ou contre la vieille fortification de Porquerolles, servaient encore à rompre la monotonie de la routine journalière. Ainsi ne furent pas perdus pour notre escadre les longs séjours que de 1840 à 1848, elle dût faire aux îles d’Hyères ».

Le village des vieux Salins et son port au XXe siècle Son port a été appelé Pothuau en la mémoire de l’amiral Louis Pierre Alexis Pothuau né en 1815.
Il illustra pendant la guerre de Crimée et prend le commandement des forts du sud de la France.
Il fut élu de la Seine à l’assemblée nationale et pourvu du portefeuille de la Marine. Comme tous ports de pêche ses habitants ont souvent été en relation directe d’événements venant de la mer :

-Le retour tragique d’une vedette américaine du porte-avions Midewet ancrée en rade.
Elle chavira, occasionnée par le mauvais temps et elle ramena des matelots de permission en ville après une halte au casino. La joie céda à l’horreur car un nombre important disparut.
- La découverte dans les archives municipales d’un plan et notes concernant la remise en état et agrandissement du port en 1920.

On peut lire les informations suivantes : reconstruction et agrandissement de la jetée principale (emportée par le raz de marée en 1920), construction d’une jetée de 150 m vers le large à l’ancien fort ; information : le 29 novembre 1920 un raz de marée a emporté toutes les maisons en bordure de mer allant de la plage des pêcheurs aujourd’hui emplacement de la jetée anti-vague en bordure de route.
Ces deux tristes souvenirs sont directement reliés à l’histoire de l’eau. Mais combien d’histoires plus gaies les pêcheurs pourraient nous raconter, la reconstruction de leur village après la guerre par exemple ou la vie de ce lavoir dissimulé dans un cannier à côté de la gare.
Il sera souhaitable de ne pas détruire le lavoir et son abri, nos souvenirs forment l’histoire, sachons l’entretenir pour enrichir notre patrimoine.

Musée de l'eau - Pierre QUILLIER - Tous droits réservés -Source

Article archive également proposé :

Les salins d'Hyères au temps jadis
09 juin 2003- La fabrication de A à Z
http://www.museedeleau.com/article.php?identifiant=0016

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